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vendredi 18 mai 2018

Début de saison 2018 : Chaud devant !

Tout d'abord, milles excuses à mes plus fidèles lecteurs, car cette année encore le blog passe en second plan de mes activités. Mais bon... on peut pas être partout !
En effet depuis cette hiver le travail ne manque pas. D'une part organiser la nouvelle saison de pêche mais surtout des travaux d'aménagement d'un gîte pour accueillir mes clients à partir du mois de juin.
L'ambiance est à l'ubiquité, "au four et au moulin". Si bien que depuis le début de la saison de pêche on peut rajouter à l'expression "et dans les champs à semer du blé". Espérons faire une belle moisson cette année et manger prochainement du bon pain...


Retour sur mars

L'astronomie est un sujet qui m'a toujours passionné, mais c'est tout de même de pêche dont on va parler. 
Pas de guidage et très peu de sorties durant ce mois. Voilà quelques clichés de l'ouverture au leurre, avec mon frère et mes amis Siluristes Rémi et Julien.

Rémi le "gunki man"


Sur trois jours, les résultats ont été irrégulier. D'abord une première belle journée avec de nombreuses captures, notamment beaucoup de petits poissons.

Petite truite Un bon présage pour la rivière.
Une belle arc s'invitera à l'ouverture,et restera même dîner avec nous... Pardonnez mon eugénisme, mais pas de ça chez nous !


Les deux jours suivant seront beaucoup plus compliqués mais quelques poissons s'ajouteront au compteur.


La tendance restera à l'irrégularité durant le reste du mois. Les précipitations récurrentes et les débits élevés y seront pour beaucoup. 
Il y aura toutefois un petit créneau à la fin du mois pour sortir la canne à mouche. Bilan à deux poissons, avec une toute belle prise en nymphe à vue sur gammare peau d'anguille et l'autre, en sèche.
Voilà qui finit bien le mois !


Les mouches du guide : le décollage

Notez le très bon jeu de mots dés le titre... et maintenant l'explication par la métaphore.

Au bord de l'eau, il nous arrive parfois d'observer une éphémère qui se débat de longues minutes en surface pour se débarrasser de sa dernière mue, mais qui une fois décollée ne mettra pas plus d'une poignée de secondes pour s'élever vers les cimes des arbres...
C'est un peu ce qui se passe avec mon activité de montage/vente de mouches.

Après 3 ans de progression constante mais modérée, la dynamique est tout autre avec 2018.
Depuis février les commandes s’enchaînent à vive allure. Si bien que mon stock tampon constitué durant l'intersaison a fondu comme neige au soleil, me retrouvant ainsi à monter "à la commande", tout en maintenant un délai de livraison relativement court.

Prêtes pour l'expédition !
Le fruit de centaine d'heures de montage... je suis enfin à jour et je prends même de l'avance !

Merci à mes habitués, Florent, Aurélien, Benoit, Romain... et à tout les nouveaux qui m'ont fait confiance pour la première fois.

De nouveaux modèles arriveront prochainement sur le site. Pour toutes vos demandes "spéciales", n'hésitez pas à me contacter. Tout est toujours réalisable avec les mouches du guide, comme par exemple, des gammares vernies pour pêcher au toc.


Poissons d'avril ! Sans blague ?

Il faudra bien une dizaine de jours pour que la rivière soit pêchable depuis la dernière montée d'eau fin mars. Nous découvrons alors la rivière sous un autre visage, les premiers bourgeons sur les rives mais surtout les premières éclosions de brachys. 
N'ayant pas plus de temps qu'en mars pour pratiquer, c'est principalement en guidage que j'ai pu passer du temps au bord de l'eau et palper de la poiscaille.

Comme avec François en visite pour 3 jours. Des résultats correctes malgré une réussite en berne et beaucoup de poissons décrochés.




Éclosion sporadique de brachys et très peu d'éphémère, c'est principalement sur des prospections de bordures que la pêche se passe avec des truites en maraude et parfois même avec de belles gobeuses.




De part les distances parcourues, la complexité des coups de ligne et la concentration permanente, les journées de pêche sont éprouvantes. Alors quoi de mieux qu'un bon barbecue au bord de l'eau... toujours sous l’œil attentif du guide qui scrute la rivière.


Avant l'ouverture de l'ombre, la pêche se tient au bord ce qui rend les combats plutôt difficles à mener. Mais heureusement pour François, la plupart se sont bien terminés.




Au fur et à mesure que les jours s'écoulent, la saison se met en place et nous retrouvons de plus en plus de poissons à attaqer en bordure. Désolé pour le dérangement des crapauds !


L'eau est basse et claire et la météo estivale, des conditions parfaites pour la pêche à vue.

Vincent, tout sourire lors d'une journée de pêche en tee-shirt


Malheureusement, les débits faibles ont favorisé le développement d'algues brunes tapissant les fonds de la haute vallée de la Loue. Cela n'empêchera pas Yann, Julien et Thomas de passer une belle journée avec poissons et bonne ambiance. 





La saison se poursuit avec le mois de mai. En général, le virage de début-mai est assez compliqué à négocier, d'autant plus lorsque les niveaux d'eau sont bas et c'est le cas cette année,
les éclosions d'éphémères gagnent en intensité mais peu de poissons se mobilisent sur cette manne de nourriture et bien souvent loin du bord, ce qui rend les présentations délicates.

Ma nouvelle canne en test... perchoir à éphémère
C'est ce que nous vérifirons avec Arnaud, qui est venu pour découvrir les pêche à vue avec plus ou moins de succès.

L'art du camouflage...



Pour des pêcheurs plus expérimenté, il y avait bien quelques belles pêches à faire même si pour nous aussi, l'ouverture de l'ombre et l'autorisation de pêcher les pieds dans l'eau se fait attendre.



A cette période tout change très vite et notamment les conditions météo. C'est la fin de ce printemps estival ! Dernièrement, nous aurons même eu droit à une petite montée d'eau, mais nous en aurons bien profiter lors de notre dernière journée de pêche.





Ainsi s'achève ce début de saison. Vous l'aurez compris, peu de pêche pour moi, heureusemenet que je suis guide ce qui me permet de passer pas mal de temps au bord de l'eau, et en bonne compagnie qui plus est.

Le meilleur reste à venir avec l'ouverture de l'ombre qui sonne comme un nouveau départ.
Beaucoup de journées de guidage bloquées sur l'agenda mais je compte bien trouver un peu de temps pour profiter de la rivière ces prochaines semaines et peut être faire un nouvel article... à suivre...

A très bientôt,
Matthieu Pornon


dimanche 21 janvier 2018

Nouvelle-Zélande - Voyage au bout du rêve : Deuxième partie

L'aventure continue !


Cela fait maintenant 6 jours que nous sommes arrivés en Nouvelle-Zélande. c'est fou comme le temps passe vite lorsqu'on ne fait que pêcher, surtout dans des décors de rêve.
Après nos "exploits" des trois jours derniers, la pression est bien redescendue. Notre prochaine destination de pêche étant encore loin, on en profite pour se détendre un peu au bord de magnifiques lacs.


Également au programme de la journée, nous souhaitons pêcher une rivière facile d’accès et qui se trouve sur notre route. C'est une très belle rivière d'un gabarit imposant mais dont la population de truites est réputée très faible.


On aura bien vu quelques truites lors de différents arrêts mais lorsqu'on attaque "pour de vrai" la pêche sur cette rivière on se heurte à la dure réalité : "Y a rien lad ' dans !"


Les spots étaient pourtant magnifiques mais bon... On reprend la route en milieu d'après-midi pour notre prochaine destination.

Opération Back-Country...
C'est donc en fin de journée que nous arrivons sur la cote ouest. Le paysage est délirant. Se succède, la plage, le bush et les montagnes, le tout en une poignée de kilomètres.
En bons apprentis du back-country, nous avions étudié à minima le terrain et sorti une carte suffisamment précise pour voir le chemin sensé longer la rivière. J'ai bien dit sensé... car après avoir zoné en voiture sur les différentes routes d'accès, nous n'avons pas trouvé le départ du chemin...
Un doute de plus quant aux infos glanées avant le départ.


Bref, au bout d'une longue piste en gravier nous garons la voiture et préparons les affaires pour le grand départ...


Matériel de camping, l'essentiel pour les repas et quelques vêtements... On voyage léger, avec des sacs d'une quinzaine de kilos tout de même.


Petites photos d'avant départ et c'est partit vers l'inconnue...


Nous avançons d'un pas décidé et nous nous enfonçons dans le bush. Après une heure de marche facile, on se heurte à la première difficulté. Le bush est si dense qu'il nous est impossible de continuer notre route. La seule option étant de traverser la rivière, mais la nuit tombe et nous préférons poser le campement à flanc de rivière. Alex profitera du coup du soir pour prendre une petite truite de 35 cm. et oui ça existe en NZ !


Réveil à l'aube, une longue marche nous attend.
Au bord de la rivière la prospection est difficile et nous mettrons un long moment avant d'apercevoir les premières truites.
C'est à l'entrée de la montagne que nous commençons réellement à pêcher.
Premier coup de ligne, Alex à la manœuvre sur une rôdeuse et déjà un premier beau poisson.


Nous arrivons ensuite sur un barrage naturel ou plusieurs truites sont en maraude.


Je ne serai pas très efficace alors qu'Alex tient un bon rythme de pêche et aligne deux autres poissons.



Je débloque enfin le compteur après un combat épique au milieu des rochers.


La rivière prend des allures de torrent, Ce qui complique encore un peu plus la prospection.  De plus, nous ne voyons absolument aucun poisson.


Après une heure de "saute cailloux" un site splendide s'ouvre à nous. Un flat ! La rivière s'élargit et s'assagit offrant de long plat ou la pêche comme la prospection sont plus faciles.


Malgré tout, la population de truites reste assez faible. Nous observerons quelques petits groupes de 2 ou 3 truites particulièrement méfiantes, dont certaines ne nous laisseront même pas la chance de les attaquer. Mais parfois la conjoncture est bonne et c'est dans l'épuisette que les truites terminent leur course.



Plus nous avançons, moins les poissons sont nombreux.
Nous trouverons encore quelques truites en activité, cependant nous ne parviendrons pas à les faire mordre malgré des présentations de qualité.
Plus étonnant encore, certaines ne se donneront même pas la peine de prendre la fuite lorsque nous sortions de nos cachettes. Un comportement bien difficile à comprendre.


Au détour de la rivière, je fais une découverte qui nous rassure un peu... le fameux chemin !


La nouvelle tombe à pique car nous sommes déjà à plusieurs dizaines de kilomètres de la voiture et nous commencions sérieusement à appréhender la marche de retour dans les conditions que nous avons rencontrées jusque là. Le problème, c'est que ce fameux chemin se termine...


En cul de sac.
Il y a une sensation particulière qui opère dans ces conditions. Être pris entre deux feux. La soif de découverte qui poussent à avancer dans cet environnement fabuleux et la crainte de la blessure car il semble aisé de se casser un cheville dans ce milieu accidenté.
Après réflexion, nous choisissons de poursuivre. Le bush est dense et la marche laborieuse. Alors que la rivière se resserre en une gorge, en pleine escalade à flanc de falaise, on se résout la mort dans l'âme, à faire demi-tour.

Tentant de se convaincre que nous avons fait le bon choix, on dresse notre campement au milieu de nul part.


Le lendemain, c'est marche rapide sur le chemin trouvé la veille. On fera de petites haltes pêche plutôt prolifiques. D'abord pour moi.


Puis pour Alex à quelques km de la voiture avec une truite splendide qui vient conclure notre première opération Back-country.


Une dernière traversée de rivière.


Nous reprenons la route en direction du nord. La côte ouest est vraiment magnifique avec une nature intacte. Nous serions volontiers restés plus longtemps mais nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir si nous voulons tenir notre objectif et faire le tour de l'île du sud en 20 jours.


Nous roulerons tout l'après midi pour nous rapprocher au plus de la destination suivante. Le début d'une longue errance.
Le lendemain matin nous arrivons sur ce qui est considéré comme l'un des fiefs de la pêche à la mouche en NZ. Et bien c'est une belle déception car la rivière principale est un vaste torrent dont le fond est tapissé d'algues (Une algue invasive appelé didymo) ce qui ne donne pas vraiment envie de pêcher. On se rabat donc sur les affluents et la encore c'est une déception. Le printemps sec fait que ce qui est sensé être une rivière n'est qu'un ruisseau avec de l'eau teintée qui plus est.
On tournera toute la journée sans trouver de rivière intéressante.


Nous arrivons donc le soir sur notre destination suivante. C'est aussi une vallée très réputée mais si la rivière est plus belle que ce que nous avons vu jusque là, le cadre nous séduit peu. On s'improvise un coup du soir. Quelques truites aperçues et une capture... petite journée.


Heureusement, on se remonte le moral avec de la haute gastronomie !


On passera une bonne partie de la matinée à prospecter ce spot sans voir la moindre truite. Une rivière pourtant belle.


Sur le coup des midis, nous voilà sur un pont plus en aval. Plusieurs poissons sont attablés en surface sur une retombée de petits éphémères rouges.


On profite de cette opportunité pour pêcher un peu. En une heure nous ferons 4 truites de plus de 50 cm sur de beaux coups de ligne de bordure.



Malgré ce résultat plus qu'encourageant, nous ne resterons pas sur ce spot. La proximité immédiate avec la route, les plantations de résineux et les coupes à blanc qui vont avec, le fond de rivière légèrement tapissé... Beaucoup de facteurs qui nous pousserons à partir.

Nous sommes dimanche mais nous tentons tout de même de nous rendre à la ville la plus proche pour y trouver des renseignements. Le magasin de pêche étant fermé on se dirige à l'office du tourisme pour en ressortir 5 minutes plus tard avec des renseignements peu pertinents.

Cette seconde journée d'errance s'achève sur un coup du soir pour le moins merdique.

Les renseignements douteux de la veille nous conduisent à Nelson pour y trouver le bureau du Fish & Game. Sauf que l'adresse est erronée et nous voilà rendus à l'office du tourisme de la ville. Les cités néo zélandaises ne sont pas des merveilles d'architectures, mais merci pour la visite !
On repartira malgré tout avec la bonne adresse.

La cote nord à Nelson
Au Fish & Game, l’accueil est chaleureux et nous aurons tout les renseignements nécessaires pour organiser notre fin de séjour.

On reprend la route empli d'espoir. La première rivière sur laquelle nous nous arrêtons manque cruellement d'eau.


On the Road Again !
Étape touristique dans le Pélorus Sound qui est un immense Fjord chaud. Un contraste mer et montagne vraiment sympa.


On en profite également pour se remplir l'estomac avec un délicieux Fish and Chips et de très bonnes bières locales.


Nous arrivons enfin à destination. La rivière est un vaste torrent, l'eau est gris-bleu ce qui laisse Alex perplexe.


Quant à moi, je le sens plutôt bien. On se sépare pour couvrir plus de terrain. 
Un poste retient mon attention. Après l'avoir passé sans rien voir je choisis de traverser pour l'aborder de l'autre coté. Une masse claire m'attire le regard. En m’approchant, je constate qu'il s'agit bien d'une truite, une grosse qui plus est.
A la dérive de ma nymphe, la masse décolle du fond. Je ferre un peu au hasard, mais suis soulagé lorsque ma canne se plie. Le ferrage ne fait pas bouger le poisson qui met un moment à réagir. Le poste est dégagé et le combat se passe sans problème. C'est du lourd, du très lourd... 74 cm à la mesure. Yes !



Je continue la journée avec deux autres poissons, des petites de 55 !


Je rejoins ensuite Alex qui de son coté n'aura pas eu la même chance que moi. On décide de remonter vers l'amont ou la rivière est plus petite et la visibilité meilleure. Le problème, c'est que c'est une zone spéciale back-country qui nécessite une extension gratuite de notre licence de pêche. Nous quittons donc la rivière pour rejoindre une petite ville pour y passer la nuit.

En attendant l'ouverture du "visitor centre", nous faisons un petit déjeuner au bord d'un lac peuplé de cygnes noirs, de canards, de truites et d'un nombre impressionnant d'anguilles géantes.



Mise en abîme !
Les cartes "back-country" en poche on retourne sur les postes de la veille.


La densité de population est à nouveau très faible. La première truite sera cassée. La seconde apathique, finira par faire un gros refus sur un streamer. La troisième nous faussera compagnie durant l’approche. Et puis c'est tout, sur une dizaine de kilomètres parcourus. La pression de pêche parait élevée sur le secteur et nous rencontrons pour la première fois d'autres pêcheurs. La rivière est pourtant difficile à pêcher à cause du courant.


On se paiera le luxe de se faire charger dans l'arrière d'un pick-up, ce qui nous éviteras la marche retour. 
En fin d'après-midi, on attaquera un autre spot plus en aval. Nous trouverons encore des poissons apathiques dont une que je parviendrais à faire mordre au steamer.


Ces deux derniers jours seront salutaires. Un résultat contrasté mais une rivière et une vallée vraiment magnifique, parfait en accord avec ce que nous sommes venus chercher en NZ.
On sera passé à coté de quelques jours de pêche en parcourant une quantité impressionnante de kilomètres. En pêchant avec un peu plus d'assiduité sur les parcours que nous avons croisés, nous aurions sans aucun doute pris plus de poissons, mais c'est principalement l’environnement qui nous a poussé à partir,
donc sans regret.


Le séjour continue avec encore quelques déconvenues, mais aussi avec une avalanche de gros poissons qui sera comme l'apothéose de notre périple. A suivre...

A très bientôt,
Matthieu Pornon