mardi 18 février 2020

Pérégrinations halieutiques : chapitre 2

Bonjour à tous,
Après les derniers incidents, émotionnel et physique, il me fallait du temps pour me ressourcer. C'est pourquoi j'ai choisis d'abandonner la pêche pour me consacrer à la méditation de pleine conscience afin de revoir le monde en plus beau et ses habitants en plus gentils...

Parfait milieu pour méditer

Non je déconne... Monde de merde peuplé d'abrutis. C'est pour ça que je pars loin dans les montagnes, au moins je suis quitte d'en croiser, ça me fait une pause !

En avant ! Voilà comment se sont vraiment passées ces dernières semaines.

Effectivement ma blessure au mollet fut un frein évident à l'aventure. Mais parfois le hasard des choses vous console un peu, et ce fut exactement mon cas. D'abord des pluies diluviennes se sont abattues là ou je me trouvais causant d'énormes inondations et dégâts associés. Il n'était donc plus question de pêcher dans ce secteur. Ensuite un rdv à Christchurch s'est imposé pour quelques jours plus tard, me laissant donc le temps pour me remettre gentillement. C'est donc sur un programme "en douceur" que les premiers jours se déroulèrent.
Pêche en grande rivière facile d'accès...



Camping en milieu insolite et chasse au lapin au pare-choc...


Le lapin dans sa réduction de jus d'aïl, sublime !

Tentative de pêche au saumon... j'ai bien dis tentative ce qui explique la deuxième photo, activité ou j'excelle bien plus qu'à la première.



Arrivé à la capitale de l’île du Sud, j'avais à faire quelques emplettes dans un magasin de pêche et fis la rencontre d'un pêcheur spécialiste des pêches d'arrière pays. Après une longue discussion, le gars me déconseilla vivement l'entreprise de ma prochaine expédition. Concrètement, trop long, trop dangereux pour bien peu de pêche... Une fois n'est pas coutume, j'abandonnai cette idée malgré beaucoup de temps à étudier la cartographie du secteur...



Venu à Christchurch pour récupérer une amie à l'aéroport, je retrouvais là Arnaud que j'avais "lâchement" abandonné sur l'île du Nord. L'idée était d'échanger quelques affaires que nous avions l'un et l'autre, mais ce fut bien plus que cela que nous avons échangé. Quelques explications sur ce qui m'a poussé à nous séparer, sans rancune, les récits de nos expériences en solitaire et bien d'autres discussions qui aboutirent sur un potentiel nouveau projet commun, sous réserve que son amie soit partante.
Ce fut une excellente soirée, bien arrosée dans tous les sens du termes car la pluie s'est invité d'elle-même sans que nous ne lui ayons rien demandé.

je quittai Christchurch le lendemain sous un soleil radieux qui me permit de mieux constater la turbidité et le niveau des rivières... rien à pêcher dans l'immédiat...



Un texto reçu de la part d'Arnaud me confirmant que son amie était motivée pour partir à l'aventure dans le bush. Le RDV fut fixé quatre jours plus tard, il me fallut donc trouver un plan afin de me remettre en condition, mon mollet ne me faisant presque plus souffrir.
Au détour d'une rivière, je trouvai le départ d'un track qui semblait parfait pour une remise en forme. Une boucle d'une cinquantaine de kilomètres parcourant deux rivières, un col de faible altitude (1400m) à franchir...

Panneau au départ du track, du poison pour protéger la nature... je reste septique

Surtout pour protéger un oiseau de merde
Le début de l'escapade fut à peu près fidèle à ce à quoi je m'attendais. La rivière très haute, ne fut pas facile à pêcher mais me laissa quelques opportunités avec une réussite contrastée.

Pas mal de courant... 


Toujours la problématique de la pêche de gros poissons en petit cours d'eau gonflés par la pluie avec plusieurs scénarios possible. Casser s'il l'on ne tire pas assez, décrocher si l'on tire trop... Ou encore ouvrir l'hameçon...


A partir de la fin de journée, je commençai à marcher pour avancer sur mon parcours. Le mollet tenait bon, et heureusement car le track bien que bien balisé n'était absolument entretenu. S'ajoutait à cela une dénivelé tantôt montante tantôt descendante, ce qui fit que j'eu bien du mal à atteindre mon premier objectif pour passer la nuit. Disons que la beauté du site fut d'un grand réconfort...


Échauder par la marche de la veille, je repris ma route dans l'idée de joindre la moitié de la seconde vallée. Cette fois encore, ce fut avec de gros effort que je parvins à destination. Comme une allégorie de la vie, la marche fut dur et belle. Mais la rivière à destination très décevante ce qui me laissa septique quant à un hypnotique paradis...



Bref, aucune occasion de pêcher sur cette seconde rivière et ce ne fut qu'une longue marche pour boucler la boucle et rejoindre mon véhicule, sous la pluie pour ne pas trop changer...

La seconde rivière, jolie mais manquant de profondeur pour y loger les poissons.
Une journée de transition pour se remettre de la marche et également d'un apéro avec des chercheurs d'or et j'arrivai à sur la côte nord ouest de l'île du sud pour attendre Arnaud et son amie. Ils arrivèrent en fin d'après-midi. Après la préparation des sacs, nous improvisâmes un repas apéritifs. Quoi de mieux pour faire connaissance avec Marine, l'amie d'Arnaud.


L'idée était de remonter une rivière sur une grosse vingtaine de kilomètres, d'y poser un ou deux campements, et concrètement de profiter de la vie du bush : ballade, pêche et cuisine...
Oui cuisine, c'est pourquoi nous sommes partis avec des sacs chargés de divers condiments afin de sublimer les poissons locaux...
La première marche aura bien calmé tout le monde et ce fut seulement sur la fin d'après midi que nous découvrîmes une rivière émeraude fabuleuse, ses premières grosses truites et aussi les myriades de sandflies présentes sur place.


Parfait esprit d'équipe ! Moi à la canne, Arnaud pour la miser à l'épuisette, Marine pour la sécurité des sacs...


La suite du périple aura tenu parfaitement ses promesses avec dee très belles actions de pêche.



Doublé de grosses à quelques seconde d’intervalle 


De l'aventure avec une percée très en amont de notre campement.





Il faut parfois savoir se mouiller !


Et de la bonne cuisine...

Esprit viandard 1

Esprit viandard 2

Cuisson sur pierre  
Truite au beurre, valeur sur


Marinade d'anguille avant cuisson 


Le soir au campement
Marine qui débute en pêche à la mouche, après plusieurs échecs, finira par prendre aussi sa truite. C'était une de mes promesses d'avant le départ.


Six jours passé dans le bush, Arnaud malade, et franchement excédé par les piqûres de sandflies... il nous fallait en ressortir.

Nos mains après 6 jours en contact avec les sandflies
Après la longue marche retour, nous nous installâmes dans un camping et à nouveau la pluie s'invita.
Nous restâmes trois jours, à ne pas faire grands choses. Compter les gouttes, boire, manger et discuter. Plus ennuyant sur le papier qu'en réalité, ce fut un très bon moment de partage.

Un peu chassé par la météo et n'ayant pas grands choses que je n'eusse pas déjà fait ou envie de faire sur l'île du Sud, je quittai Marine et Arnaud pour prendre le ferry en direction de l'île du Nord.



Venant d'arriver, la suite de l'aventure reste à vivre.
Encore deux semaines devant moi dédiées à la pêche et l'aventure. Départ imminent pour les secteurs les plus amont de la meilleure rivière de l'île avec une météo plutôt clémente... ça sent bon !

A très vite pour la suite de l'aventure,
Matthieu Pornon








mercredi 29 janvier 2020

Pérégrinations Halieutiques : Chapitre 1

Bien le bonjour à toutes et à tous,

En guise d'introduction et d'avertissement, sachez que le blog se réoriente massivement sur la pêche, ... et après tout, c'est sa vocation première et la raison principale de ce voyage.

Votre héro en action !
Après avoir travaillé de (trop) longues semaines, j'ai pu épargné suffisamment de dollars pour me permettre de profiter de (très) longues vacances avec comme point de mire, la pêche évidemment, mais surtout l'aventure et la liberté.

Alors voilà, j'étais donc à Christchurch afin de récupérer John, client écossais, qui souhaitait pêcher quelques semaines en Nouvelle-Zélande. Le plan initiale était simplement de venir le chercher à l'aéroport, de partager quelques journées de pêche mais de conserver mon cap et mon autonomie. Mais après diverses conversations, quelques faiblesses de ma part, le plan changea pour un trip partagé pleinement avec seulement mon véhicule. Donc pas tellement à mon avantage, fini l'indépendance. Vous le sentez venir ... ?

Cette nouvelle aventure commença ainsi. Dans la joie et la bonne humeur...


Il m'a fallut adapter mon mode vie (alimentation, camping...), mes prospections sur les rivières, sélectionner les secteurs de pêche, repérer les poissons, prodiguer des conseils pour les attraper, ne presque plus pêcher... une vie de guide de pêche à plein temps en somme. De quoi parfaire mon expérience, mais ce n'était pas le projet. Vous le sentez venir ? Toujours pas ?

A cela s'ajouta quelques marques d'irrespects et d'affronts grossiers envers mes cheminements de pensée dont le détail qui ne serait qu'une (trop) longue tirade anti-consumériste. Alors le radical-extrémiste que je suis, et que j'assume parfaitement être, mit fin a cette collaboration à sens unique, et ce en moins d'une semaine.  Extrémiste mais pas salaud pour autant, en sacrifice ultime, je proposai même la location à moindre frais de ma propre voiture pour m'en aller rejoindre les montagnes avec mon sac à dos. Il déclina l'offre, ce qui m'arrangea bien. Inutile de vous dire que nous nous quittâmes pas dans les meilleurs termes.

Ma dernière vision de John, le soir de la rupture...
Dans toute cette histoire, il y eu tout de même du positif à relever.
D'abord, des progrès linguistique certains qui maintenant me permettent de me prendre le bec en anglais avec un peu d'éloquence.
Ensuite une expérience de vie. Entre gentil et con, la frontière est très mince mais m’apparaît désormais un peu plus clairement. Autrement dit, ne jamais accepter quelque chose que l'on ne sent pas, surtout si l'on n'a rien à y gagner.
Pour finir, quelques prospections sur des milieux variés, parfois étonnants donc voici quelques images.



Ahuriri River, ses chemins poussiéreux et ses poissons records...





Ensuite quelques petit cours d'eau du genre chalk-stream, avec des poissons plus modestes mais vraiment très sympa à pêcher.





Et maintenant, un parlons un peu de pêche.
Lors de mon premier voyage en compagnie de mon ami Alex, nous nous étions arrêté sur une rivière de renommée sans franchement avoir était séduit par ses charmes, la Mataura pour ne pas la citer. Nous y avions bien croisé des poissons mais pas franchement joueurs.
Juste avant de le congédier, John contacta un de ses amis pour pêcher avec lui car j'avais ma batterie de voiture à changer. Une solidarité si belle, j'en suis encore tout ému !
Bref, ce n'est non sans plaisir que je me retrouvai seul et après une opération batterie vite accomplie je partis pour les bords de la Mataura.
La rivière plutôt belle, il ne me fallut pas longtemps pour découvrir une population de truite tout juste hallucinante. A chaque plat, un bonne quinzaine de truites, dont la taille moyenne reste plutôt faible mais avec toujours un ou deux poissons de taille intéressante dans le lot.



La matinée se déroula sur nymphe légère avec des poissons qui n'hésitait pas à faire de grands écarts pour s'en saisir, le pied !
Dès que les heures fussent plus chaudes, l'activité bascula vers la surface, avec de petites oreilles de livres en taille 16, comme à la maison ! le pied !




Bref, ce ne fut pas vraiment ce que l'on s'attend à trouver en Nouvelle-Zélande, à savoir beaucoup de poissons mais de "petites" tailles. Mais de loin, ce fut la journée de pêche la plus intéressante vécue ici. Une bonne quinzaine de truites, des robes sublimes, que demander de plus...

Après cela, il me fallait quelque chose pour oublier un peu ma dernière expérience accompagnée. Alors, je pris la direction d'une autre rivière rivière pêchée deux ans plus tôt avec Alex, notre meilleur souvenir. L'Eglington n'a rien perdu de son charme, ni de ses poissons.





Mais bon, l'impression de déjà-vu, la facilité d’accès et tout simplement parce que j'aspire désormais à d'autres choses... en moins de deux heures j'étais à nouveau dans ma voiture pour pousser quelques kilomètres plus loin au départ d'un track. Total impro !
Alors maintenant, un peu d'aventure ! Waouh !
J'étais alors dans la région de la "West Coast", a savoir l'une des régions les plus pluvieuses du monde... ce que je constatai à mon arrivée. Un second avertissement était présent sur le parking, mais qu'importe, c'est là que je voulais d'aller.



Pyke... experienced tramper ? Yes, I am.

Malgré la pluie, je fonçai à grande vitesse sur le track, constatant que les rivières montaient plus vite que je n’avançais , donc donc sans trop d'espoirs sur ce que je pouvais trouver à destination.


Il me fallut seulement 3h30 pour une marche de normalement 6h, l'exploit !  Arrivé à la hutte je fis la rencontre d'un hiker anglais qui finissais une boucle de 100km et d'une kiwi qui elle finissait un trip de 140km. Ils saluèrent non pas mon l'exploit, disons ma performance. Ils m'avertirent aussi qu'a partir de maintenant, il n'y avait plus de chemin balisé, que c'était du sérieux  et qu'il était donc plus prudent d'attaquer ça reposé le lendemain matin (surtout lorsqu'on improvise, que personne n'a été prévenue, que l'on pas de gps d'urgence... la liste est longue). Je pris la mesure de ce nouvel avertissement et en profitai donc pour essayer de sécher mes affaires et moi-même par la même occasion, pas si simple en foret humide.


Le lendemain au aurore, je repartais. Première étape, longer un lac de 7km de long, sans chemin, avec des falaises et des arbres de part et d'autres la tache ne fut pas aisé mais laissait l'opportunité de quelques haltes pêche.



Deuxième étape, franchir un marécage d'un kilomètre, ce que je fit sans grande difficulté.

Le début du marécage

A cette endroit la rivière était encore large et d'un niveau trop haut pour la pêche, il me fallait donc continuer plus en amont.


Alors que je pensais avoir fais le plus dur, c'était en passant par dessus un arbre mort que je perdis l'équilibre et tombai, me fracassant violemment le mollet droit dans ma chute. Une fois débout, je constatai une vive douleur provenant du dit mollet. Les quelques pas qui suivirent furent suffisant pour me décider à renoncer à mon projet. En effet, il me restait une dizaine de kilomètre pour joindre le secteur que je souhaitais pêcher, impossible privé de ma jambe d'appuie.
La douleur me faisait (et me fait encore) penser à une déchirure musculaire. Ce fut donc la mort dans l'âme que je me résignai à entamer une pénible marche retour. Pour traverser à nouveau le marécage, je ne pris pas la peine de sauter d’îlots en îlots préférant, sans avoir trop d'autre choix, un long bain de boue d'une bonne heure, c'est bon pour la peau parait-il.
J'arrivai ensuite à l'extrémité du lac. bien trop mal pour continuer je dressai mon campement pour y passer la nuit. Le site était simplement magique, une petite langue de sable coincée en le lac et le marécage.


Vue depuis ma chambre à coucher
Avec l'impossibilité de faire reposer mon mollet sur le matelas, la nuit ne fut pas bonne. Ayant du temps et des vivres, je choisis de m'accorder une première convalescence et de rester une journée entière à cet emplacement pour ne repartir que le lendemain. Encore bien présente, la douleur était tout de même descendu d'un cran, ce qui me donna un peu d'optimisme quand à la suite des événements. Alors en guise de rééducation, quoi de mieux qu'un partie de pêche sur du sable blanc ?

Bahamas ?
 Instant de pêche tout juste magique. La traque était à vue avec des truites qui rodaient près des bordures en quête de larve de libellules. S'ils n'étaient pas énormes, les poissons étaient très combatifs et à plusieurs reprise mon moulinet se retrouva vidé de sa soie.




Les cigales, de plus en plus nombreuses.
Un dernier dîner, une dernière nuit sous la tente dans ce petit coin de bout du monde ou je me sentais si bien, si libre et en bonne compagnie...

Des anguilles géantes pour partager mes truites repas

Des milliers de sandflies dont le bourdonnement fait office de berceuse

Une souris qui s'est invité dans ma tente
Je serais bien resté plus longtemps mais préoccupé par mon mollet me faisait encore souffrir, je pris la route du retour. En prenant mon temps, sans forcer, la marche se passa mieux qu'attendue. Il me fallut tout de même une journée et demie pour regagner ma voiture.
Longeant une rivière, la Holliford, je fis un arrêt pêche pour savoir si mon état physique me permettait de renquiller de suite sur un autre projet. Un résultat en demi-teinte, 4 poissons touchés dont 2 casses car impossible de les suivre dans le courant avec mon satané mollet. 




J'optai donc pour une nouvelle convalescence, au camping de Te Anau ou je suis encore en ce moment, avec comme seul programme, ne rien foutre et liquider quelques bières avec mon ami Andy, le Hiker Anglais rencontré quelques jours plus tôt qui réside dans la même ville. Un programme accomplit avec brio !

Le camping de nuit, j'étais mieux au bord du lac !
Pas totalement rétabli de ma blessure, je suis maintenant sur un nouveau départ. Attaquer doucement pour retrouver toutes mes capacités pour les gros, très gros, projets d'expédition qui vont suivre.
Si je ne succombe pas dans le bush ou dans les montagnes, je vous dis... à très bientôt... héhé.

Matthieu Pornon