dimanche 21 janvier 2018

Nouvelle-Zélande - Voyage au bout du rêve : Deuxième partie

L'aventure continue !


Cela fait maintenant 6 jours que nous sommes arrivés en Nouvelle-Zélande. c'est fou comme le temps passe vite lorsqu'on ne fait que pêcher, surtout dans des décors de rêve.
Après nos "exploits" des trois jours derniers, la pression est bien redescendue. Notre prochaine destination de pêche étant encore loin, on en profite pour se détendre un peu au bord de magnifiques lacs.


Également au programme de la journée, nous souhaitons pêcher une rivière facile d’accès et qui se trouve sur notre route. C'est une très belle rivière d'un gabarit imposant mais dont la population de truites est réputée très faible.


On aura bien vu quelques truites lors de différents arrêts mais lorsqu'on attaque "pour de vrai" la pêche sur cette rivière on se heurte à la dure réalité : "Y a rien lad ' dans !"


Les spots étaient pourtant magnifiques mais bon... On reprend la route en milieu d'après-midi pour notre prochaine destination.

Opération Back-Country...
C'est donc en fin de journée que nous arrivons sur la cote ouest. Le paysage est délirant. Se succède, la plage, le bush et les montagnes, le tout en une poignée de kilomètres.
En bons apprentis du back-country, nous avions étudié à minima le terrain et sorti une carte suffisamment précise pour voir le chemin sensé longer la rivière. J'ai bien dit sensé... car après avoir zoné en voiture sur les différentes routes d'accès, nous n'avons pas trouvé le départ du chemin...
Un doute de plus quant aux infos glanées avant le départ.


Bref, au bout d'une longue piste en gravier nous garons la voiture et préparons les affaires pour le grand départ...


Matériel de camping, l'essentiel pour les repas et quelques vêtements... On voyage léger, avec des sacs d'une quinzaine de kilos tout de même.


Petites photos d'avant départ et c'est partit vers l'inconnue...


Nous avançons d'un pas décidé et nous nous enfonçons dans le bush. Après une heure de marche facile, on se heurte à la première difficulté. Le bush est si dense qu'il nous est impossible de continuer notre route. La seule option étant de traverser la rivière, mais la nuit tombe et nous préférons poser le campement à flanc de rivière. Alex profitera du coup du soir pour prendre une petite truite de 35 cm. et oui ça existe en NZ !


Réveil à l'aube, une longue marche nous attend.
Au bord de la rivière la prospection est difficile et nous mettrons un long moment avant d'apercevoir les premières truites.
C'est à l'entrée de la montagne que nous commençons réellement à pêcher.
Premier coup de ligne, Alex à la manœuvre sur une rôdeuse et déjà un premier beau poisson.


Nous arrivons ensuite sur un barrage naturel ou plusieurs truites sont en maraude.


Je ne serai pas très efficace alors qu'Alex tient un bon rythme de pêche et aligne deux autres poissons.



Je débloque enfin le compteur après un combat épique au milieu des rochers.


La rivière prend des allures de torrent, Ce qui complique encore un peu plus la prospection.  De plus, nous ne voyons absolument aucun poisson.


Après une heure de "saute cailloux" un site splendide s'ouvre à nous. Un flat ! La rivière s'élargit et s'assagit offrant de long plat ou la pêche comme la prospection sont plus faciles.


Malgré tout, la population de truites reste assez faible. Nous observerons quelques petits groupes de 2 ou 3 truites particulièrement méfiantes, dont certaines ne nous laisseront même pas la chance de les attaquer. Mais parfois la conjoncture est bonne et c'est dans l'épuisette que les truites terminent leur course.



Plus nous avançons, moins les poissons sont nombreux.
Nous trouverons encore quelques truites en activité, cependant nous ne parviendrons pas à les faire mordre malgré des présentations de qualité.
Plus étonnant encore, certaines ne se donneront même pas la peine de prendre la fuite lorsque nous sortions de nos cachettes. Un comportement bien difficile à comprendre.


Au détour de la rivière, je fais une découverte qui nous rassure un peu... le fameux chemin !


La nouvelle tombe à pique car nous sommes déjà à plusieurs dizaines de kilomètres de la voiture et nous commencions sérieusement à appréhender la marche de retour dans les conditions que nous avons rencontrées jusque là. Le problème, c'est que ce fameux chemin se termine...


En cul de sac.
Il y a une sensation particulière qui opère dans ces conditions. Être pris entre deux feux. La soif de découverte qui poussent à avancer dans cet environnement fabuleux et la crainte de la blessure car il semble aisé de se casser un cheville dans ce milieu accidenté.
Après réflexion, nous choisissons de poursuivre. Le bush est dense et la marche laborieuse. Alors que la rivière se resserre en une gorge, en pleine escalade à flanc de falaise, on se résout la mort dans l'âme, à faire demi-tour.

Tentant de se convaincre que nous avons fait le bon choix, on dresse notre campement au milieu de nul part.


Le lendemain, c'est marche rapide sur le chemin trouvé la veille. On fera de petites haltes pêche plutôt prolifiques. D'abord pour moi.


Puis pour Alex à quelques km de la voiture avec une truite splendide qui vient conclure notre première opération Back-country.


Une dernière traversée de rivière.


Nous reprenons la route en direction du nord. La côte ouest est vraiment magnifique avec une nature intacte. Nous serions volontiers restés plus longtemps mais nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir si nous voulons tenir notre objectif et faire le tour de l'île du sud en 20 jours.


Nous roulerons tout l'après midi pour nous rapprocher au plus de la destination suivante. Le début d'une longue errance.
Le lendemain matin nous arrivons sur ce qui est considéré comme l'un des fiefs de la pêche à la mouche en NZ. Et bien c'est une belle déception car la rivière principale est un vaste torrent dont le fond est tapissé d'algues (Une algue invasive appelé didymo) ce qui ne donne pas vraiment envie de pêcher. On se rabat donc sur les affluents et la encore c'est une déception. Le printemps sec fait que ce qui est sensé être une rivière n'est qu'un ruisseau avec de l'eau teintée qui plus est.
On tournera toute la journée sans trouver de rivière intéressante.


Nous arrivons donc le soir sur notre destination suivante. C'est aussi une vallée très réputée mais si la rivière est plus belle que ce que nous avons vu jusque là, le cadre nous séduit peu. On s'improvise un coup du soir. Quelques truites aperçues et une capture... petite journée.


Heureusement, on se remonte le moral avec de la haute gastronomie !


On passera une bonne partie de la matinée à prospecter ce spot sans voir la moindre truite. Une rivière pourtant belle.


Sur le coup des midis, nous voilà sur un pont plus en aval. Plusieurs poissons sont attablés en surface sur une retombée de petits éphémères rouges.


On profite de cette opportunité pour pêcher un peu. En une heure nous ferons 4 truites de plus de 50 cm sur de beaux coups de ligne de bordure.



Malgré ce résultat plus qu'encourageant, nous ne resterons pas sur ce spot. La proximité immédiate avec la route, les plantations de résineux et les coupes à blanc qui vont avec, le fond de rivière légèrement tapissé... Beaucoup de facteurs qui nous pousserons à partir.

Nous sommes dimanche mais nous tentons tout de même de nous rendre à la ville la plus proche pour y trouver des renseignements. Le magasin de pêche étant fermé on se dirige à l'office du tourisme pour en ressortir 5 minutes plus tard avec des renseignements peu pertinents.

Cette seconde journée d'errance s'achève sur un coup du soir pour le moins merdique.

Les renseignements douteux de la veille nous conduisent à Nelson pour y trouver le bureau du Fish & Game. Sauf que l'adresse est erronée et nous voilà rendus à l'office du tourisme de la ville. Les cités néo zélandaises ne sont pas des merveilles d'architectures, mais merci pour la visite !
On repartira malgré tout avec la bonne adresse.

La cote nord à Nelson
Au Fish & Game, l’accueil est chaleureux et nous aurons tout les renseignements nécessaires pour organiser notre fin de séjour.

On reprend la route empli d'espoir. La première rivière sur laquelle nous nous arrêtons manque cruellement d'eau.


On the Road Again !
Étape touristique dans le Pélorus Sound qui est un immense Fjord chaud. Un contraste mer et montagne vraiment sympa.


On en profite également pour se remplir l'estomac avec un délicieux Fish and Chips et de très bonnes bières locales.


Nous arrivons enfin à destination. La rivière est un vaste torrent, l'eau est gris-bleu ce qui laisse Alex perplexe.


Quant à moi, je le sens plutôt bien. On se sépare pour couvrir plus de terrain. 
Un poste retient mon attention. Après l'avoir passé sans rien voir je choisis de traverser pour l'aborder de l'autre coté. Une masse claire m'attire le regard. En m’approchant, je constate qu'il s'agit bien d'une truite, une grosse qui plus est.
A la dérive de ma nymphe, la masse décolle du fond. Je ferre un peu au hasard, mais suis soulagé lorsque ma canne se plie. Le ferrage ne fait pas bouger le poisson qui met un moment à réagir. Le poste est dégagé et le combat se passe sans problème. C'est du lourd, du très lourd... 74 cm à la mesure. Yes !



Je continue la journée avec deux autres poissons, des petites de 55 !


Je rejoins ensuite Alex qui de son coté n'aura pas eu la même chance que moi. On décide de remonter vers l'amont ou la rivière est plus petite et la visibilité meilleure. Le problème, c'est que c'est une zone spéciale back-country qui nécessite une extension gratuite de notre licence de pêche. Nous quittons donc la rivière pour rejoindre une petite ville pour y passer la nuit.

En attendant l'ouverture du "visitor centre", nous faisons un petit déjeuner au bord d'un lac peuplé de cygnes noirs, de canards, de truites et d'un nombre impressionnant d'anguilles géantes.



Mise en abîme !
Les cartes "back-country" en poche on retourne sur les postes de la veille.


La densité de population est à nouveau très faible. La première truite sera cassée. La seconde apathique, finira par faire un gros refus sur un streamer. La troisième nous faussera compagnie durant l’approche. Et puis c'est tout, sur une dizaine de kilomètres parcourus. La pression de pêche parait élevée sur le secteur et nous rencontrons pour la première fois d'autres pêcheurs. La rivière est pourtant difficile à pêcher à cause du courant.


On se paiera le luxe de se faire charger dans l'arrière d'un pick-up, ce qui nous éviteras la marche retour. 
En fin d'après-midi, on attaquera un autre spot plus en aval. Nous trouverons encore des poissons apathiques dont une que je parviendrais à faire mordre au steamer.


Ces deux derniers jours seront salutaires. Un résultat contrasté mais une rivière et une vallée vraiment magnifique, parfait en accord avec ce que nous sommes venus chercher en NZ.
On sera passé à coté de quelques jours de pêche en parcourant une quantité impressionnante de kilomètres. En pêchant avec un peu plus d'assiduité sur les parcours que nous avons croisés, nous aurions sans aucun doute pris plus de poissons, mais c'est principalement l’environnement qui nous a poussé à partir,
donc sans regret.


Le séjour continue avec encore quelques déconvenues, mais aussi avec une avalanche de gros poissons qui sera comme l'apothéose de notre périple. A suivre...

A très bientôt,
Matthieu Pornon

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