vendredi 13 mai 2016

Saison maudite / journées magiques

Belle rivière, belle perle, belle nymphe, belle canne... belle vie !
"Une saison exceptionnelle !". Tel aurait pu être le titre de cet article.
Exceptionnelle, car depuis l'ouverture, je peux compter les jours pêchables à la mouche sur mes dix doigts. Avril et mai étant mes mois préférés pour pêcher, la saison des grosses éphémères, ce début de saison me reste en travers de la gorge. Heureusement, j'ai pu profiter de certaines journées pour oublier tous les désagréments de cette saison maudite et les guidages annulés.

Premier mai : Un bon rebond !
Week-end guidage annulé sur le Léman, pluie diluvienne la veille, 4°C annoncé au plus chaud de la journée... Il a fallut sérieusement se motiver pour aller faire un tour à la pêche.
C'est dans ce contexte qu'avec mon ami Clément nous prennons la route (enneigée) pour le Doubs.
Arrivés en fin de matinée, la rivière est bien assez haute et la plupart des postes sont recouverts par une bonne hauteur d'eau. Ça ne va pas être simple !
Après avoir passé au crible une première zone sans apercevoir  la moindre activité, nous décidons de nous séparer pour voir si d'autres zones peuvent être actives. Pour ma part, je prends l'aval. Une première truite modeste prise en nymphe à vue, puis quelques truitelles en nymphe au fil. Toujours mieux que rien mais pas de quoi se motiver à rester.


Soudain, je vois Clément arriver d'un pas décidé. Il m'annonce une belle éclosion sur l'amont de notre secteur, des hirondelles en train de faire un festin et quelques gobages...
Nous reprenons alors la voiture en direction d'un poste où le Doubs est plus large et moins profond. Durant le trajet on s’aperçoit que l'activité est très localisée. Nous croisons les doigts pour viser juste.

Arrivés sur notre nouveau poste, on hallucine ! Des gobages de partout !
Si la plupart sont à plus de 30 m, donc inattaquables, nous parviendrons à faire 6 poissons.



Petite truite à la robe sublime !
 Bien content de ce premier rebond et bien décidés de continuer sur notre lancée, nous décidons d'aller voir un spot similaire plus en aval. Et là... Nouvelle surprise !
Sur une zone d'une vingtaine de m2, une douzaine de poissons sont attablés. C'est partiiiiii !


On discute stratégie, et nous décidons de prendre le poste depuis l'aval, pour attaquer et prendre tout les poissons de la zone.
Coté mouche, notre choix se porte naturellement vers des ailes avancés et des insubmersibles, des valeurs sûres. Avec un temps pluvieux, avoir des mouches qui flottent bas et bien (mon concept pour les sèches) prend tout son sens ! Rendez-vous sur lesmouchesduguide.fr pour les découvrir.


Toujours aussi belles ces truites du Doubs
Une truite prise au lasso, l'hameçon de cette insubmersible n'était même pas piqué. 
Nettoyage en règle de la zone. C'est à dire 100% de réussite. Nous rentrons donc le cœur léger, heureux de cette journée passée de la disette à l'opulence ! Magique !

Le guidage qui fini bien !
Retour de mon ami et client Paul pour deux jours et demi de pêche à la mouche. L'objectif, lui faire passer la barre des 40 cm, car jusqu'à présent une malédiction s'abat sur lui !
Le niveau des rivières est encore élevé mais pour pêcher en sèche, ça sera bon. Mais comme cette saison rien ne se passe comme prévu, nous découvrons des rivières avec des éclosions importantes mais quasi aucun poisson actif durant les de premier jours.
La première journée se soldera par la capture d'un ombre record 55 cm sans doute, mais en pleine fermeture et convaincu que c'était une belle truite, la joie fut très modérée.
La seconde journée, nous trouverons quelques poissons actifs en surface. La plupart gobaient dans des zones inaccessibles. La seule vraie chance de capture qui s'offrait à lui, était une truite d'une 50aine de cm, bien installé. Malheureusement, ce fut une casse au ferrage. Trop de pression pour mon ami, qui n'a auparavant jamais eu ce problème.
Le salut viendra le dernier jours en fin de matinée. Une belle truite qui faisait une ronde en bordure succombera à une nymphe Éphemara bien présentée.

Combat
Filoche



Et relache !
En bref, un guidage calamiteux, mais l'objectif est atteint ! La malédiction est levée et la voie de l'épuisette est tracée !

Et quelques grosses avant une nouvelle crue !
Après une longue session guidage, je m'octroie un peu de temps au bord de l'eau pour traquer les "belles" truites.
Un trajet chaotique jusqu'à la rivière (travaux... 40 min de perdues) j'arrive au bord de l'eau sur le coup de midi. Le temps de s'habillé, le vent se lève et ride la surface interdisant la pêche à vue.
Avec la déception et la fatigue accumulé, je me résous à rentrer me reposer à la maison. Ce ne n'est que sur la route que je me décide à rejoindre à parcours plus encaissé et probablement à l'abris du vent. A 15h30, je n'ai toujours pas lancé une mouche sur l'eau mais j'arrive enfin au paradis !


J’aperçois très vite un premier poisson que je décide à attaquer en nymphe à vue pour me chauffer les bras.

L'éphérara gingembre/tête orange, un aimant à truite !
J'arrive ensuite sur une zone que je connais pour ces belles truites souvent dehors. Une surprise m'attend avec une dizaine de truite postées et actives. Mon objectif étant tout de même de faire une "grosse", je ne m'affole pas et décortique le poste. Par chance, la plus belle truite se situe le plus en aval, je peux donc la pêcher sans craindre de faire fuir les autres.
Connaissant l'efficacité de mes modèles, je choisis de l'attaquer en sèche. Au premier passage mon aile avancée beige n°16, se fait engloutir et un bon combat commence.

Un poisson de 50 cm tout pile en parfaite condition.
En restant sur le même spot, j'ai pu attaquer deux autres poissons au gabarit similaire. La première toujours en sèche que je n'ai plus ferrer par manque de place. La seconde attaquée en nymphe, décroche en tout début de combat. Bref, peut mieux faire.
Je quitte la zone alors que de nombreuses truites (plus petites) sont encore actives, et poursuis ma quête de la grosse truite !
J'arrive sur micro-spot au milieu d'un grand rapide, où j'avais aperçu un beau poisson l'année passée.
rien à mon arrivée mais je choisis d'attendre avant de continuer mon chemin. 

Le poste de tout les possibles, surtout la casse dans les rochers...
Ma patience est très vite récompensée car 10 minutes à peine après m'être arrêté, une masse sombre se laisse glisser le long de la bordure et se poste à 6m de moi. Puis c'est un gobage qui vient accélérer d'un cran mon rythme cardiaque. Les vagues en surface et la luminosité faible ne me laisse pas apprécier la taille du poisson, mais il me parait tout même digne du plus grand intérêt.
Le coup de ligne n'est pas facile car la fenêtre de lancer est très étroite. De plus, la typologie du poste, courant et gros rocher annonce un combat épique... Quel pied d'attaquer un poisson en sèche à vue dans ces conditions !
J'adopte donc la finesse ultime, raccordant directement une pointe d'1m20 en 20Ø à mon corps de ligne en 25Ø, auquel je noue une insubmersible n°12, qui sera bien visible de moi et du poisson.
Raccourcir mon bas de ligne me permettra de lancer le plus précisément possible sur la truite afin de ne pas l’effaroucher par des passages hasardeux qui pourrait bien caler le poisson avec une pointe si épaisse.
Premier lancer. La mouche se pose 30 cm en amont de la truite. 2 seconde s'écoule jusqu’à ce qu'une large gueule vienne engamer mon imitation.
Ferrage ! La truite part comme une furie, arrache quelques mètres de soie à mon moulinet Hardy Ultralite CADD au frein surpuissant. La première partie du combat tourne  à mon avantage, un zigzag entre les rochers sans que le fil ne frotte. Puis la truite entame à nouveau un gros rush profitant du courant puissant. Je pars à sa poursuite, remplissant mon waders, mais la ligne s’immobilise en pleine veine de courant. La maline s'est tanquée sous une pierre !
Flash back sur mon voyage en Slovénie, je me rappelle le conseil d'un pêcheur de marmo géante : "Quand truite rentrer sous rocher, toi attendre. 5 minutes, truite ressortir..."
Je suis le précepte à la lettre et en profite pour poser mon gilet en ne prenant avec moi que le nécessaire, mon épuisette.
5 minute à attendre en plein courant, c'est long. N'ayant aucune certitude du fait que la truite soit toujours au bout, je m'avance au plus près de sa cache, un rocher immergé sous 30 cm et une large cavité sous les tufs. Je mets progressivement la ligne en tension, quand soudain je sens encore remuer. La belle ne se détanque pas pour autant.
Je tente alors le tout pour le tout. Mettre la main sous le rocher pour chasser la truite. Je finis en apnée sans parvenir à la toucher mais je sens mon fil légèrement glisser vers l'aval. Je ressors la tête de l'eau et commence à tirer comme un ours. Ma Hardy Zéphrus 9' soie 6 plie a tel point que le scion se retrouve à la même hauteur que le talon, une bête cette canne !
La truite sort enfin et repart dans le courant, forcément elle à eu le temps de se reposer ! Je sers mon frein au maximum, stoppant alors sa course folle et fini enfin par la glisser dans l'épuisette.
sa robe et ses proportions sont parfaites. Je m'étonne seulement de sa taille, 56 cm, relativement modeste par rapport au combat qu'elle a rendu. Remise à l'eau dans de très bonne conditions, j'espère un jour retomber sur cette farouche combattante !



Le temps que les rivières baissent, je pars à nouveau sur les grands lacs pour une nouvelle session guidage.


A très bientôt ! 
Matthieu Pornon

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